CRITIQUE – Plus léger et humain que les précédentes adaptations de l’homme-araignée, Spider-Man: Homecoming offre une bouffée d’air frais au genre des films de super-héros.

Au moment où cinq films de super-héros sortent chaque année au cinéma, Spider-Man fait déjà office de vétéran, lui qui a véritablement prouvé au début des années 2000 que le genre pouvait être rentable. Alors que ses collègues vieillissent opus après opus (coucou Wolverine), l’homme-araignée réussit, lui, à rajeunir. Étudiant à la fac dans la trilogie originale de Sam Raimi (2002-2007, deux très bons films et une infamie), lycéen maladroit dans l’insipide reboot The Amazing Spider-Man (2012-2014) et enfin ado naïf de 16 ans dans la mouture 2017, pour le retour du super-héros chez Marvel.

Spider-Man Homecoming 1

Quelques années de moins, cela peut paraître anodin. Pourtant, c’est ce qui fait toute la fraîcheur de Spider-Man: Homecoming. Très second degré, voire carrément méta – Peter Parker et ses potes sont fans des super-héros, le film de Jon Watts mêle habilement les codes du genre super-héroïque avec ceux du teen movie et de la comédie. Sans révolutionner quoi que ce soit, cette aventure de l’homme-araignée se révèle être un très bon divertissement à l’américaine, un vrai popcorn movie.

« Un gentil Spider-Man de quartier »

On retrouve donc Peter Parker (Tom Holland, naïf à souhait) juste après son intervention dans l’affrontement de Civil War à la demande d’Iron Man/Tony Stark, avec une première belle idée de mise en scène : les premières minutes sont filmées par le téléphone du jeune homme façon vlog ou making-of où il raconte les coulisses de son aventure, depuis la bataille de Berlin jusqu’à son retour à New York, dans le Queens (extrait visible ci-dessous).

Prêt à intégrer les Avengers pour sauver le monde, Peter déchante quand Tony Stark lui intime de rester un « gentil Spider-Man de quartier ». Voilà donc le jeune homme cantonné à arrêter les voleurs de vélo et les braqueurs de banque dans l’indifférence générale. Jusqu’à ce qu’il tombe sur un gang de vendeurs d’arme extraterrestres menés par un inquiétant homme ailé…

Moins d’action, plus d’émotions

Le véritable atout de Homecoming réside dans cette échelle d’action extrêmement limitée, bien loin des enjeux monumentaux d’Avengers ou même du récent Doctor Strange, autre premier film solo de super-héros. Ici, Spider-Man agit à l’échelle humaine et ça fait du bien de pouvoir à nouveau s’identifier au héros. Point de débauche d’effets spéciaux, Peter Parker évolue dans un environnement naturel et familier, des banlieues cossues de New York à l’obélisque de Washington.

Spider-Man Homecoming 4

Cette échelle réduite permet au film de s’attarder sur les personnages plutôt que sur l’action ou le développement de futurs longs-métrages (seules les 5 dernières minutes préparent le terrain pour les prochains films Marvel). A ce titre, le duo formé par Peter et son pote geek Ned fonctionne parfaitement sur le mode comique, entre le héros qui découvre le sens du mot « responsabilités » et son ami ébahi à chaque seconde de pouvoir épauler Spider-Man, excusez du peu.

Enfin un méchant réussi

Les personnages secondaires sont moins bien traités, notamment les ados, à l’exception de Michelle, nouvelle MJ excentrique. En revanche, Le Vautour, ennemi iconique de l’homme-araignée est une totale réussite. Michael Keaton donne beaucoup de relief à cet antagoniste aux motivations humaines et sociales ancrées dans la chronologie du Marvel Cinematic Universe (MCU). On n’avait pas vu aussi beau méchant depuis Loki dans le premier Avengers (2012 quand même).

 

Spider-Man Homecoming 5

Autre intérêt de Homecoming : les références aux précédents films Marvel. En marge de l’intrigue principale, elles sont en quelque sortes des sucreries pour les fans du MCU. On trouve en effet de nombreuses mentions des autres super-héros, à commencer par Iron Man, mentor du jeune Peter Parker. De quoi compenser le manque d’intégration d’Ant-Man et Doctor Strange. Soulignons enfin que le film est beaucoup plus coloré que ses prédécesseurs, ce qui est plutôt une bonne chose (à ce sujet, je vous conseille cette vidéo).

Une respiration avant le prochain Avengers

Tout le monde ne trouvera pas son compte dans ce Homecoming. Les fans hardcore des comics (Spidey est encore l’un des héros les plus populaires, 55ans après ses débuts) regretteront les nombreuses libertés prises par les scénaristes avec les aventures papier du super-héros. Ici, Spider-Man est plus homme qu’araignée et c’est surtout de son costume que lui viennent ses pouvoirs, notamment les lanceurs de toile. Le ton parfois enfantin et les quelques facilités scénaristiques pourraient aussi décevoir certains.

De manière générale, on peut regretter le manque d’ambition du film, privé de scènes véritablement époustouflantes. Le sauvetage du ferry, money shot du film, n’égale pas celui du métro aérien dans Spider-Man 2. Sinon, on peut simplement apprécier Homecoming pour ce qu’il est : une respiration légère et rafraîchissante dans un MCU de plus en plus sombre.

Spider-Man: Homecoming, de Jon Watts (2h14). Avec Tom Holland, Michael Keaton, Jacob Batalon, Robert Downey Jr., Marisa Tomei, Jon Favreau, Laura Harrier…

Publicités