HOMMAGE – L’acteur Claude Rich s’est éteint jeudi à 88 ans. Brillant acteur de théâtre, il savait également faire rire au cinéma. La preuve en cinq scènes (très) drôles.

Article initialement publié sur europe1.fr le 6 juin 2017.

C’est une figure et surtout une voix du cinéma français qui s’en va. Claude Rich est décédé jeudi soir à 88 ans, des suites d’une longue maladie. Brillant comédien de théâtre depuis les années 1950 (il a reçu cinq nominations aux Molière), le natif de Strasbourg avait ensuite séduit le cinéma grâce à son sourire naïf et sa voix légèrement voilée.

Avec près de 80 films en 50 ans de carrière, il s’était fait un nom et avait reçu un César du meilleur acteur en 1993 pour Le Souper. Mais Claude Rich avait aussi tourné de nombreuses comédies qui ont fait de lui un acteur populaire. Hommage à ce grand comédien, en cinq madeleines hilarantes.

Les Tontons Flingueurs (1963)

Déjà acteur de théâtre depuis le début des années 1950, Claude Rich se lance rapidement dans le cinéma. Il a 34 ans quand il intègre le casting des Tontons Flingueurs, de George Lautner. Il interprète Antoine, le petit ami de la fille d’un gangster rugueux (Lino Ventura). Dandy précieux et passionné de musique classique, il incarne à lui seul un des ressorts comiques de ce film devenu culte. En effet, le contraste entre son personnage et celui du bourru Fernand Naudin donne lieu à plusieurs scènes mémorables.

La plus célèbre reste certainement celle où Fernand Naudin rentre chez lui passablement énervé et trouve sa fille dans les bras d’Antoine, en train d’écouter les sonates de Corelli. Lino Ventura tente tant bien que mal de rester aimable (« L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois ») mais l’insolence de Claude Rich qui se lance dans une thèse sur les tenants et les aboutissants de la musique douce, aura raison de ses nerfs. Un dialogue savoureux, signé Audiard évidemment.

Oscar (1967)

Propulsé en pleine lumière, Claude Rich enchaîne les seconds rôles, notamment dans Paris brûle-t-il ?, de René Clément, où il incarne le général Leclerc. Mais c’est à nouveau dans une comédie, Oscar, qu’il brille en 1987, aux côtés de Louis de Funès (adaptation d’une pièce de théâtre). C’est encore un rôle de futur gendre. Il interprète Christian Martin, employé du promoteur immobilier Bertrand Barnier et également amant caché de sa fille.

La révélation de l’amour secret va faire tourner en bourrique un Louis de Funès déchaîné. Là aussi, tout est question de contraste, entre un Claude Rich grand et propret et un De Funès petit et hystérique. L’une des meilleures scènes d’Oscar, petit bijou d’écriture comique, est d’ailleurs la confrontation entre les deux hommes.

Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002)

Les plus jeunes ont découvert Claude Rich dans le cultissime Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre. Sous les traits du druide Panoramix, c’était lui qui lançait la célèbre réplique « C’est une bonne situation ça, scribe ? », prélude au monologue délirant d’Édouard Baer/Otis. Le passage où on le voit se faire graver le profil à l’ombre des pyramides en discutant de la météo en Gaule vaut également le détour.

Dans cette comédie très populaire (14,5 millions d’entrées), Claude Rich fait usage de toute sa malice, derrière la barbe blanche du druide. Nombre de ses répliques sont des bons mots ou des commentaires bien sentis (à l’image de sa description du nez de Cléopâtre). Puisqu’il faut bien choisir, optons pour sa première apparition face à Numérobis et déjà un jeu de mots très subtil (à partir de 6 minutes).

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