On bascule dans la seconde partie de l’été. Les blockbusters se font plus rares et les films indépendants en profitent. Résultat, tout le monde trouvera son compte dans les salles obscures ce mois-ci.

La Planète des Singes : Suprématie

L’heure de l’ultime combat entre les hommes et les singes est arrivée. Face à la menace des primates qui vivent cachés dans la forêt, la résistance des hommes s’est radicalisée, militarisée. Le colonel McCullough (Woody Harrelson, halluciné) mène l’ultime assaut. Pour protéger les siens, César (Andy Serkis) est de nouveau forcé de mener une guerre qu’il n’a jamais voulue.

Voilà une franchise qui arrive à son terme sans crier gare après avoir mené sa barque sans céder aux sirènes des blockbusters modernes. Un premier opus classique, une suite éminemment politique et maintenant une conclusion résolument philosophique, le tout avec des effets spéciaux dingues : La Planète des Singes est une réussite totale. Il faudrait plus de sagas comme celle là. Sortie le 2 août.

Le « quitte ou double » : La Tour Sombre

On ne compte plus les adaptations d’oeuvres de Stephen King. La Tour Sombre, son cycle d’héroïc fantasy, traînait dans les cartons depuis plusieurs années mais l’ampleur du projet a découragé plus d’un studio. C’est finalement Sony qui s’y est collé et le résultat n’a pas vraiment séduit la presse américaine, malgré un duo d’acteurs de haut vol : Idris Elba et Matthew McConaughey.

Le film, très court (à peine 1h20), présente le duel entre le Pistolero Roland de Gilead (Elba) et l’homme en noir (McConaughey). Le premier veut trouver la Tour Sombre pour sauver son monde qui s’écroule tandis que le second veut la détruire pour faire régner le chaos. Le début d’une saga qui pourrait se poursuivre sous la forme d’une série. Sortie le 9 août.

Wilson

Wilson est un connard. Un type qui énerve tout le monde mais n’en a pas conscience. Croiser Wilson, c’est s’exposer à un moment de gêne ou d’irritation interminable. Mais quand ce quinquagénaire décalé apprend que son ex-femme lui a caché l’existence de sa fille pendant 17 ans, il va tout faire pour essayer de reconstruire sa famille. Avec beaucoup de maladresse.

La deuxième partie de l’été marque le retour des films indépendants, cachés derrière les derniers blockbusters. Wilson en fait partie. Cette histoire de père qui s’ignore et prend ses responsabilités doit beaucoup au talent de Woody Harrelson (encore lui), capable de véhiculer des dizaines d’émotions différentes à travers un seul personnage. Sortie le 16 août.

Hitman & Bodyguard

Pour comprendre à quel point Hitman & Bodyguard s’annonce cool, il suffit de jeter un oeil à la bande-annonce, parodie du Bodyguard de 1992, I Will Always Love You à fond les ballons, mais avec beaucoup de flingues et des répliques qui claquent. Et qui mieux que Ryan Reynolds (Deadpool) et Samuel L. Jackson (faut-il donner des références ?) pour incarner les héros de ce buddy-movie pas franchement malin mais totalement jouissif.

L’histoire est simple : un des meilleurs gardes du corps au monde est chargé d’escorter un tueur à gage jusqu’à la Cour pénale internationale pour qu’il témoigne contre un dictateur d’Europe de l’Est. Hitman & Bodyguard est un road-movie déchaîné à travers l’Europe, un buddy-movie dopé à l’adrénaline et une comédie délirante. Action 3 en 1. Sortie le 23 août.

120 Battements par minute

Années 1990, à Paris. Le sida se répand dans l’indifférence quasi-générale. Pour éveiller les consciences, notamment dans la communauté homosexuelle, les militants d’Act-Up Paris multiplient les actions. Au sein de ce groupe, un petit nouveau cherche sa voie, pris en tenaille entre radicalité désespérée et persévérance naïve.

C’est LE film événement du Festival de Cannes. Celui qui a fait pleuré Pedro Almodovar à chaudes larmes, abattu de n’avoir pu convaincre son jury de donner la Palme d’Or à 120 Battements par minute. Nanti tout de même d’un Grand Prix, le film de Robin Campillo devrait séduire un large public et c’est le plus important. Sortie le 23 août.

Seven Sisters

Si vous n’aimez pas Noomi Rapace, n’allez pas voir Seven Sisters. La Suédoise révélée par la trilogie Millénium y incarne pas moins de sept personnages (c’est moins que James McAvoy dans Split mais tout de même !). En l’occurence sept soeurs qui vivent recluses, illégales dans un monde régi par la politique de l’enfant unique. Chacune porte le nom d’un jour de la semaine, également son « jour de sortie ». Quand Lundi disparaît, les six autres se lancent à sa recherche.

Seven Sisters se présente comme un pur film de SF noire, avec futur proche (2073) terrifiant et technologies réalistes. Certainement pas le film de l’année, mais le pitch et la performance de Noomi Rapace suffisent à éveiller la curiosité. Pour ceux qui ne veulent pas dépenser 10 euros pour le voir en salle, Netflix a acquis les droits du film et il sortira sur la plate-forme dans quelques mois. Sortie le 30 août.

Bonne Pomme

Gérard (Gérard Depardieu, pourquoi se faire chier sur les noms de personnages ?) est un retraité « bonne pomme », trop gentil avec tout le monde. Un jour, il en a marre et part reprendre un garage à la campagne. Dans le village, il fait la connaissance de Barbara (Catherine Deneuve), tenancière d’une auberge, au caractère bien trempé.

Pris séparément, Deneuve et Depardieu sont des monstres sacrés du cinéma français. En revanche, les neuf films qu’ils ont tourné en duo n’ont guère marqué l’histoire, à l’exception de leur première collaboration, Le Dernier Métro (1980), le classique de François Truffaut. La dixième est sans prétention et c’est peut-être pour ça qu’elle sort du lot. Sortie le 30 août.

Wind River

Dans les immenses étendues enneigées du Wyoming, un garde forestier trouve le corps d’une jeune fille. Pour résoudre le crime, le FBI envoie une jeune agent inexpérimentée. Ensemble, ils vont remonter la piste du coupable, confrontés à une nature et des habitants hostiles.

Taylor Sheridan est le nouveau talent le plus excitant d’Hollywood actuellement. Scénariste du fantasmagorique Sicario et du rude Comancheria, il passe cette fois derrière la caméra pour conclure son exploration des mythes américains. Sheridan livre un polar froid et bien ficelé. Wind River a reçu le prix de la mise en scène dans la catégorie Un certain regard à Cannes. Sortie le 30 août.

Death Note

Comment mettre la forme au niveau du fond ? Voilà la question qu’ont dû se poser les équipes chargées de mettre sur pied un film adapté du manga Death Note pour Netflix. Car si le manga offre un scénario de polar tendu et intelligent, la production d’une adaptation live est rendue compliquée par la présence d’éléments fantastiques (le démon Ryuk en premier lieu) assez difficiles à retranscrire.

L’extrait diffusé lors du Comic Con prouve que l’esprit est là. On y voit Light, adolescent timide, essayer le Death Note, un cahier qui entraîne la mort de toute personne dont le nom est inscrit dedans, sous le commandement d’un Ryuk dissimulé dans l’ombre. On retrouve le frisson du manga et c’est très bon signe. Disponible sur Netflix à partir du 25 août.

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